Office fédéral des routes OFROU
A2 Second tube Saint-Gothard

Entretien avec Valentina Kumpusch, directrice générale de projet

04.03.2021

Valentina Kumpusch a fort à faire en ce moment. Elle est directrice générale de projet pour la construction du second tube du Saint-Gothard et attend avec impatience le lancement du chantier du tunnel en 2021. Nous lui avons posé quelques questions sur son rôle, sur sa mission, ainsi que sur le projet de second tube.

Valentina kampusch interview
Entretien avec Valentina Kumpusch à l’occasion du lancement du nouveau site web

Madame Kumpusch, que représente le second tube du Saint-Gothard pour la Suisse et pour les deux cantons d’Uri et du Tessin ?

Ce projet revêt une grande importance, non seulement pour notre pays mais pour l’Europe entière. L’axe nord-sud est l’un des plus importants pour la circulation des biens et des personnes. C’est pourquoi il est crucial d’y garantir un trafic sûr et fluide. N’oublions pas que, depuis plus de 40 ans, la circulation dans le Saint-Gothard s’effectue via un tunnel routier à deux voies. Ce dernier a besoin d’une réhabilitation approfondie. Le second tube répond aux exigences futures, tant en matière de trafic de marchandises que pour la circulation des personnes. Au terme de la construction du second tube et de la rénovation du premier, nous serons en mesure d’offrir à tous les usagers de la route une traversée sûre et moderne des Alpes.



Quels ont été les principaux défis ?

Les défis étaient nombreux. Il y avait avant tout le souhait de la population suisse de ne pas augmenter le trafic routier sur l’axe nord-sud en réalisant un second tube. Sur ce point, je peux rassurer tout le monde. Le volume de trafic restera inchangé et les deux tubes sont conçus pour fonctionner comme deux voies, une dans chaque sens: l’une vers le sud, l’autre vers le nord. Chaque tube compte une seule voie de circulation et une bande d’arrêt d’urgence. Il y avait par ailleurs des défis liés aux conditions naturelles, comme la nature de la roche et les conditions météorologiques par exemple. L’incroyable engagement de tous ceux qui ont participé à cet énorme projet a permis de maîtriser tous les défis. Il ne nous reste plus qu’à lancer concrètement les travaux sur le terrain. Bien entendu, d’autres défis se présenteront. Mais je suis convaincue que nous les maîtriserons eux aussi avec courage, engagement et professionnalisme.



Qu’est-ce que cela signifie d’être responsable d’un tel projet ?

C’est passionnant et on ne risque pas de s’ennuyer. Même quand vous pensez avoir tout prévu, des événements inattendus surviennent et doivent être gérés au pied levé. Le plus grand défi consiste à coordonner une très grande équipe de spécialistes de différents secteurs et à les aider à se comprendre mutuellement, afin de trouver une solution optimale d’un point de vue global et pas seulement au niveau d’un métier donné.



Vous êtes l’une des rares femmes à diriger un tel projet. Que pouvez-vous nous dire sur votre expérience ?

Elle est très positive ! Je ne crois pas que cela fasse une différence d’être une femme. C’est bien plus une question d’expérience dans la gestion de tels projets, d’intérêt pour le projet lui-même et donc de motivation pour le mener à bien de A à Z.



Vous aviez déjà participé à la construction du tunnel de base du Lötschberg. Quelles sont les différences entre ces deux projets ?

Tout d’abord, le Lötschberg était un tunnel ferroviaire, alors que celui-ci est un tunnel autoroutier. Il existe donc des différences structurelles et constructives entre les deux projets. Pour le Lötschberg, mon employeur était une entreprise privée. Ici, il s’agit de l’Office fédéral des routes. Il y a donc aussi des différences à ce niveau, d’autres personnes, d’autres sensibilités. On peut souligner par ailleurs qu’au niveau européen, le Saint-Gothard est bien plus symbolique que le Lötschberg. Mais en fin de compte, il y a de nombreuses similitudes, car il s’agit toujours de construire des tunnels, que ce soit pour des trains ou pour le trafic routier.



Vous êtes originaire du Tessin et vous y vivez. Mais vous avez également vécu et travaillé en Suisse alémanique pendant de nombreuses années. Que représente le tunnel du Saint-Gothard pour vous ?

Le tunnel du Saint-Gothard est un symbole, un ouvrage d’ingénierie de premier ordre, qui fait date dans l’histoire mondiale de la construction de tunnels. Lorsque le second tube sera achevé, le Saint-Gothard sera l’un des rares massifs montagneux au monde à être traversé par pas moins de six tunnels. De plus, et c’est un aspect qu’il ne faut pas sous-estimer, c’est un lien entre deux cultures, entre deux modes de vie, entre le Nord et le Sud. En même temps, il est aussi un maillon de la cohésion nationale de la Suisse. Enfin, d’un point de vue pratique, il s’agit d’une liaison routière capitale.



Bien que les retards soient fréquents dans les projets de cette ampleur, le tunnel ferroviaire de base du Saint-Gothard a été ouvert plus tôt que prévu. Quand le second tube du Saint-Gothard sera-t-il ouvert ?

L’inauguration du second tube du Saint-Gothard est prévue pour 2029. Je suis convaincue que nous atteindrons cet objectif. Cela ne fait pas le moindre doute pour moi. Mon équipe et moi-même travaillons chaque jour avec acharnement et passion à sa concrétisation.